Les grandes banques centrales internationales ont annoncé mercredi une baisse concertée de leurs taux directeurs, enrayant instantanément la chute des principales Bourses européennes.
La Réserve fédérale américaine a lancé l'action commune en annonçant à 11H00 GMT une baisse de son taux directeur d'un demi-point à 1,5%, en raison de "signes de faiblesse de l'activité économique et d'une réduction des pressions inflationnistes".
Quelques secondes plus tard, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre annonçaient une baisse, également d'un demi-point, de leur taux directeur respectivement à 3,75% et 4,5%.
Dans la foulée, les banques centrales du Canada, de Suède et de Suisse décidaient également des baisses de taux. La Banque du Japon a annoncé qu'elle soutenait le mouvement, mais qu'elle ne pouvait pas s'y associer car son taux directeur est déjà à 0,50%.
Au même moment, la banque centrale de Chine, qui ne fait pas partie de la concertation, a décidé elle aussi une baisse de taux sur les prêts à un an.
Dès l'annonce de cet effort concerté des instituts d'émission, les Bourses européennes, qui avaient lourdement chuté dans la matinée dans le sillage de la Bourse de Tokyo (-9,38% en clôture), se redressaient.
A Londres, après avoir frôlé les 8% de chute, le Footsie effaçait ses pertes et ne cédait plus que 0,07% à 4.601,81 points, dix minutes après l'annonce.
Au même moment à la Bourse de Francfort, le Dax cédait encore 1,35%, à 5.254,79 points, tandis qu'à Paris le CAC-40 revenait dans le vert et gagnait 0,09%, avant de repartir à la baisse.
Les principales bourses européennes avaient en effet ouvert dans le sillage d'une chute historique à Tokyo, sans considération pour l'annonce à Londres en tout début de matinée d'un plan massif de soutien au secteur bancaire britannique.
Londres a annoncé un plan de sauvetage bancaire qui comprend une nationalisation partielle des premières banques du pays, via des prises de participation pouvant aller jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros).
Huit banques sont concernées : Abbey, Barclays, HBOS - en voie de rachat par Lloyds TSB -, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered.
Le ministre des Finances Alistair Darling a aussi annoncé le déblocage d'une ligne de crédit de 200 milliards de livres (260 mds d'euros) pour faciliter leur financement.
"C'est un pas important en avant mais ce n'est pas le seul", a affirmé M. Darling à la télévision Skynews : "Je n'exclus rien, nous ferons tout ce qu'il faut".
Alistair Darling a ajouté qu'il proposerait une réforme de la régulation du système financier, vendredi lors d'une réunion à Washington des ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).
Parallèlement, le Premier ministre britannique Gordon Brown a souligné mercredi avoir "invité" les autres pays de l'Union européenne à adopter un "plan européen de financement" du système bancaire.
Il a précisé être "en consultation active" sur ce plan et en avoir discuté en début de matinée avec le président français Nicolas Sarkozy. L'idée d'un plan européen, évoquée la semaine dernière par la France, avait été fermement écartée par Berlin qui préférait une approche nationale.
A Rome, le gouvernement italien a prévu l'adoption mercredi soir de "mesures urgentes pour garantir la stabilité des banques et de l'épargne", tandis qu'à Madrid, l'exécutif espagnol avait annoncé mardi la création d'un fonds de soutien au système financier de 30 milliards d'euros.
Mais les initiatives gouvernementales qui se sont multipliées depuis l'adoption du Plan Paulson, doté de 700 milliards de dollars, vendredi aux Etats-Unis, n'avaient pas suffi à enrayer la spirale baissière sur les marchés.
Peu après l'ouverture des marchés, Londres, Paris, Francfort frôlaient les 8% de pertes. Milan perdait plus de 6% et Amsterdam plus de 9%.
A Moscou, les deux Bourses RTS et Micex ont interrompu les échanges 35 minutes après l'ouverture après avoir enregistré des baisses de 11,25% et 14,35%. Bucarest a suspendu ses transactions jusqu'à jeudi.
A Tokyo, l'indice Nikkei a clôturé mercredi sur une chute de 9,38%, la pire depuis le "lundi noir" de 1987.
La déconfiture avait gagné toute l'Asie: en clôture, Hong Kong a perdu 8,2%, Bangkok 6,88%, Singapour 6,61%, Séoul 5,81%, Sydney 5% et Shanghai 3,04%. A Jakarta, la séance a été suspendue après une chute de plus de 10%.
Dans le Golfe aussi, l'affolement a gagné les bourses des riches monarchies pétrolières après trois journées consécutives de repli: les chutes dépassaient 10% à Dubaï et approchaient 9% en Arabie saoudite et au Qatar. La Bourse du Caire perdait également plus de 13%.
Mardi, Wall Street était tombé à son plus bas niveau depuis cinq ans après une chute de 5,11% du Dow Jones et de 5,80% du Nasdaq, contaminant ensuite les marchés asiatiques.
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